Le marché de l’emploi en France : un vrai sujet…

L’emploi n’est pas qu’un sujet de campagne électorale, mais davantage un enjeu fort qui engage un ensemble d’acteurs coresponsables…

On ne peut plus aujourd’hui se satisfaire de la représentation traditionnelle qui définit le marché de l’emploi comme le lieu de rencontre de l’offre et de la demande de travail, dans un environnement qui comprend les entreprises, les salariés, les demandeurs d’emploi, les employeurs, les entreprises et le gouvernement. Ce schéma est trop simpliste et ne rend pas compte de la complexité du parcours de combattant du nouvel entrant dans ce marché ou des nouveaux demandeurs d’emploi. Le marché de l’emploi n’est plus un lieu, c’est une carte. Une carte d’un paysage aux contours multiples, vallonné par endroits, escarpé par ailleurs, fissuré, et subissant les caprices d’un climat qui n’est pas que local… Quelques prairies subsistent, et un horizon à contempler avec une belle vue à certaines heures…

 

 

 

La carte du marché de l’emploi
Au Nord, on retrouve la législation sociale, de plus en plus contraignante, qui tend à réduire les inégalités à coups de réformes pour accompagner les seniors, les jeunes, les femmes, les non qualifiés, en légiférant sur l’égalité, l’employabilité et la sécurisation des parcours professionnels, la formation, les retraites, l’apprentissage, … Le recrutement devient de plus en plus stratégique, il ne s’agit pas d’embaucher seulement du personnel compétent et flexible, mais de répondre aussi aux accords signés qui doivent privilégier certaines catégories de population considérées comme trop absentes à travers l’analyse de l’effectif et de la pyramide des âges. Tant mieux pour eux, mais pas avantageux pour tous les aspirants…

A l’Ouest, l’air de la mondialisation et de la compétitivité souffle sur les dirigeants, qui doivent trancher entre les préconisations des promoteurs de la Responsabilité Sociale et Environnementale d’une part, et les velléités des actionnaires d’autre part.  Entre flexicurité et délocalisation le cœur balance, entre recentrage sur le cœur de métier et R&D il faut trancher… De nouvelles activités de services apparaissent pour palier la désindustrialisation, mal connues et à explorer… Les réseaux fonctionnent, les dynamiques insufflées par les projets de revitalisation créent des passerelles, mais les partenaires sont essentiellement privés et Pôle Emploi peine encore à y prendre sa place.

Au sud, on constate un climat social qui se fragilise : précarité, pauvreté et misère se bousculent à nos portes de particuliers, mais aussi aux portes des entreprises qui doivent se confronter aux nouvelles demandes de financement de la protection sociale pour accompagner ces laissés-pour-compte et leur permettre de rebondir un jour.  Comment envisager dans ces conditions d’augmenter sa masse salariale et d’investir dans de nouveaux projets ???

A l’est les enjeux climatiques influencent aussi le marché qui se doit de réagir et de répondre enfin au réchauffement de la planète en repensant les horaires de travail pour désengorger les routes aux heures de pointe, en envisageant même de favoriser le télétravail. Le recyclage des déchets, l’utilisation de matières non polluantes, les préoccupations en matière de bilan carbone intègrent les stratégies, génèrent aussi des coûts, et même si de nouveaux emplois peuvent émerger dans ce domaine, les entreprises ne peuvent pas se permettre de mener parallèlement toutes ces campagnes, de se battre sur tous les fronts.

Et puis au centre, on retrouve un mélange de générations, qui ne se comprennent pas toujours car elles n’ont pas la même représentation de l’équilibre vie professionnelle/vie privée, le même rapport à l’autorité, le même attachement à l’entreprise qui les forme. Et comme c’est le management qui doit s’adapter aux personnes et non l’inverse, la prise de hauteur est nécessaire pour créer des liens entre les acteurs !
Les nouvelles technologies, internet et les réseaux sociaux ont pris leur place, et engagent des perspectives d’émergence de nouveaux métiers pour répondre aux attentes du web 3.0 et obligent aussi à des remises en question fortes à l’heure où tout peut se dire, se lire et se partager (pendant et hors temps de travail !) et où chacun est en mesure de choisir son employeur ou son prestataire en fonction de ce qui circule sur la toile ! Une nouvelle culture et des valeurs inédites imprègnent le monde de l’entreprise, mais également la société tout entière et ses représentants, élus de la république ou acteurs majeurs du développement économique.

Quel GPS pour se retrouver ?
A l’annonce des fermetures de leur entreprise, les réactions des futurs salariés licenciés sont vives et souvent empreintes de tristesse, de désespoir même, et expriment une forte détresse… On stigmatisera peut-être ces mêmes personnes dans quelques années en les accusant de ne pas vouloir travailler, de préférer l’assistanat à l’emploi… en oubliant cet attachement à leur dernier poste, à leur dernière entreprise.
On se perd dans cet environnement, même quand on possède la carte. Les repères sont flous car les aléas se bousculent et créent des embouteillages un peu partout. Il faudrait suffisamment de hauteur pour pouvoir survoler et prendre l’air en avion, en montgolfière, avant de redescendre avec une vue d’ensemble.

La compréhension macroéconomique semble indispensable pour se retrouver dans ce paysage complexe, et il faut programmer les GPS qui savent se mettre à jour en permanence. .. Ces GPS sont aujourd’hui les guides des demandeurs d’emploi et les conseillers des entreprises… Mais d’après les derniers chiffres, ils sont submergés par les demandes et ont la responsabilité de trop d’individus pour répondre à toutes les attentes. En effet, les journaux titrent que Pôle Emploi serait au bord de l’implosion avec des prises en charge de plus de 200 demandeurs d’emploi par conseiller… Conseillers qui doivent aussi être des références pour les entreprises afin de les accompagner dans leurs projets de recrutement… et de « décrutement ».

C’est de nouveau aux acteurs privés,  entreprises, associations et bénévoles de prendre le relai… Mais à quel prix ?

L’emploi n’a plus vraiment d’importance. Il faut sécuriser des parcours… Travailler sur des trajectoires individuelles, en les intégrant à des démarches collectives pour assurer les transferts de compétences, de connaissance. Des parcours de vie, et des parcours sur la carte d’un marché peu lisible.

Combien sommes-nous d’acteurs engagés sur ce terrain-là?

Focus éco Alsace octobre 2011

Depuis une récession en fin 2008 et début 2009, l’économie alsacienne s’est redressée en 2010 avec un chiffre d’affaires de :

+7,8% dans l’industrie

+7,7% dans les services marchands

+2,7% dans le secteur du BTP

 

Cela est à relativiser avec une hausse des prix pouvant atteindre +3% dans certains secteurs.

Pour 2011, le rythme de croissance devrait être de :

+3,5% dans l’industrie

+2,6% dans les services marchands

+1,2% dans le BTP

 

Focus Octobre 2011 :

L‘industrie :

Après une relative stabilité en début d’année, une croissance modérée pendant le mois de mai et une progression régulière de juin à août, l’industrie recule depuis la rentrée.

La hausse dès mai s’explique par l’augmentation des stocks en vue de l’été. Malheureusement les carnets de commandes ne suivent pas et la croissance prévue pour 2011 devrait être inférieure aux prévisions.

Sans oublier les problèmes de marge. En effet dès le début de l’année, le coût des matières premières a augmenté et malgré une légère diminution avant l’été, une nouvelle hausse a eu lieu en juillet.

 

Les services marchands :

Net rebond dans les services avec une hausse généralisée de la demande et de l’activité en mai. Même si l’activité à la rentrée semble moins dynamique que pendant l’été, les prévisions devraient être atteintes.

 

Le BTP :

Un début d’année très faible suivi d’une demande privée importante dès juin. Le bon niveau atteint depuis l’été et qui devrait continuer, semble indiquer une prévision conforme aux attentes. Par contre les prix sont toujours très bas dans ce secteur.

Pour plus d’informations : voir les statistiques et enquêtes de la Banque de France.

Yannick Fouineau

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